Une petite bombe a explosé récemment dans le milieu du jeu infonuagique ("cloud-gaming"). Mais précisons d'abord que le jeu infonuagique désigne un système de jeu à la demande, où les jeux en eux-mêmes ne sont plus installés chez l'utilisateur, mais stockés à distance sur un serveur appelé "nuage". Les joueurs ne recevant plus qu'un flux vidéo sur leur écran.
La détonante surprise est donc venue de la société Onlive, spécialisée dans ce secteur. Elle a annoncé le rachat de ses actifs par Lautner Partner, ce qui laisse sur le carreau beaucoup d'investisseurs dont HTC. Ce dernier y perd en effet près de
32 millions d'euros.
Les informations concernant la fermeture, puis le rachat d'Onlive, se sont suivies à un rythme ininterrompu ces dernières semaines. Il y eu tout d'abord une rumeur de licenciement massif diffusée sur Internet, avant qu'on ne parle ensuite carrément de faillite de l'entreprise.
Quelques heures plus tard Onlive annonçait le rachat de ses actifs par Lautner Partner et le licenciement de certains de ses employés ainsi que l'absence d'indemnisation pour les actionnaires, qui perdent tous leurs investissements dans la compagnie. HTC, le géant sud-coréen des ordiphones, perd ainsi près de 32 millions d'euros dans cette affaire.
A en croire les informations qui circulent sur la toile, Onlive n'est pas assez rentable en l'état. Avec seulement 1,5 million d'abonnés actifs, le service de jeu infonuagique était bien trop limité en termes de chiffres, et surtout affichait des investissements trop importants qui entachaient sa rentabilité. La revente des actifs à Lautner Partner permettra de poursuivre l'aventure sans que rien ne change pour les utilisateurs. Utilisateurs qui sont tout-de-même passés très près de perdre tout simplement tous leurs jeux achetés via Onlive.
Joel Weinberg, le président de l'Insolvency Services Group (ISG), a pu approcher les comptes de l'entreprise et mesurer toute l'étendue de sa dette colossale. Il a confié à Mercury News que l'entreprise aurait été obligée de mettre la clé sous la porte en quelques jours sans son rachat salvateur.
"La société se trouvait dans une situation désespérée. Elle n'avait plus que quelques jours à vivre en termes de trésorerie" a-t-il expliqué.
"Quelque chose devait être fait rapidement sinon la fermeture aurait été nette, ça aurait été une catastrophe".
Plus que jamais, la faillite et le rachat d'Onlive montrent que la culture nuagique n'a pas encore atteint sa maturité. Les entreprises spécialisées dans ce domaine doivent faire face à des coûts élevés et ont souvent beaucoup de mal à susciter l'intérêt des internautes, très lents à adopter les nouvelles technologies. Reste à présent à voir si ce changement de propriétaire permettra réellement de relancer les services, ou s'il signera l'agonie du jeu nuagique...
Librement adapté et francophonisé de la dépêche publiée sur Geeko